Juillet 1981 : Georges Yatridès sollicité par la Cnesseth

Article paru dans le Dauphiné Libéré à propos d’une commande de la Cnesseth à Georges Yatridès.

Georges Yatridès sollicité par la Cnesseth

SOLITAIRE, parce que, sans doute, ignoré par les conservateurs de musée, incompris par les siens, le peintre Georges Yatridès n’en poursuit pas moins farouchement sa route, s’enfermant dans la certitude orgueilleuse de son talent.
Pourtant, par la maîtrise des sciences et techniques de la communication d’université, un film vient de lui être consacré : « Yatridès, peintre hors du tumulte ».
A Paris, organisée dans les cryptes de l’église du  Sacré-Coeur, une exposition d’art sacré le situe à l’égal d’un Buffet, d’un Dali ou d’un Carzou.
Et, de Jérusalem, une fastueuse commande est arrivée. Le gouvernement israélien, impressionné par des photographies envoyées, a en effet fait savoir au peintre qu’il souhaitait lui voir exécuter pour la Cnesseth, un triptyque sur « La bataille de Jacob avec l’ange ».
Commande prestigieuse qui permettrait à Yatridès de figurer aux côtés de Chagall, seul peintre, jusqu’à ce jour, admis par la célèbre assemblée.
« Hélas, rage le peintre, comment réaliser dans mon petit atelier une oeuvre aussi importante avec des toiles de près de cinq mètres ! »
Et d’ajouter : « Mes toiles se vendent à des sommes folles en France, aux Etats-Unis et je n’ai pas les moyens de m’offrir un atelier à la Bonnard ! ».
Que va-t-il faire ? En attendant, envoyer à Jérusalem son oeuvre la plus originale, tirée d’une huile sur le thème choisi de   »La bataille de Jacob avec l’ange ».

Et c’est cette oeuvre que j’étais venue voir dans l’atelier de Yatridès, oeuvre issue, m’apprit-il, d’une complicité profonde entre lui, le peintre, et Jacques Mantello, l’ingénieur.
Celui-ci, particulièrement impressionné par la toile, à partir des plans de la composition, si remarquablement dessinée et construite, a recréé une oeuvre d’acier toute en jeux de lumières. Travail inédit, fait de découpes très sûres et très harmonieusement étudiées qui font gagner au thème biblique ramené à quelques traits forts et puissants, une présence fascinante.
Juxtaposant des éclats d’or et de métal, les aciers insufflent en effet au travail du peintre un dynamisme chaleureux que n’ont pas toujours ses créations, d’une écriture tellement épurée.  Car Yatridès reste celui qui toujours cherche à « aller de la confusion à la clarté ».
Comme il cherche un plus grand atelier et plus de compréhension dans le monde et son tumulte.

 Lucile DUC

1981-07 : Georges Yatridès sollicité par la Cnesseth

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>